Éléphants-Ghana : à Bouaké, l’heure de la qualification, pas de la répétition

Les Éléphants ont ouvert leur regroupement à Abidjan avant de gagner Bouaké pour recevoir le Ghana, jeudi vingt-quatre septembre. Ce rendez-vous ne constitue pas une simple préparation aux éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations deux mille vingt-sept : il en est bien la première journée, dans le groupe C. Pour Hervé Renard, de retour sur le banc ivoirien, le défi est déjà concret.

Un rassemblement pensé pour entrer tout de suite dans la compétition

La sélection masculine A de Côte d’Ivoire s’est réunie à Abidjan le lundi vingt et un septembre, au début de la fenêtre internationale. Le camp de base a été établi à la Maison Palmier, à Cocody, et la première séance s’est tenue au Lycée technique d’Abidjan. Le lendemain, les Éléphants et leur encadrement ont rejoint Bouaké. Cette séquence courte dit beaucoup de l’enjeu : il ne s’agit pas de roder un groupe au cours d’un match sans conséquence, mais de préparer une entrée immédiate dans la course à la qualification.

Jeudi, à dix-neuf heures GMT au stade de la Paix, la Côte d’Ivoire recevra le Ghana lors de la première journée du groupe C des éliminatoires de la CAN deux mille vingt-sept. La Gambie et la Somalie complètent cette poule. Le terme de préparation reste pertinent pour décrire le travail quotidien du staff, mais pas le statut de l’affiche : les points compteront dès le coup d’envoi.

Renard lance un groupe renouvelé, déjà ajusté

Hervé Renard dirige ce nouveau cycle ivoirien. Le technicien français, qui avait conduit les Éléphants au sacre continental de deux mille quinze, a initialement retenu vingt-cinq joueurs. La Fédération ivoirienne de football a ensuite annoncé les forfaits sur blessure d’Odilon Kossounou et de Guéla Doué. Junior Diaz, défenseur central de Troyes, et Luck Zogbé, du Stade Brestois, les remplacent : le groupe demeure donc à vingt-cinq éléments.

La sélection actuelle associe des cadres et de nouveaux visages. Dans les buts figurent Yahia Fofana, Alban Lafont et Mohamed Koné. En défense, Renard peut compter sur Evan Ndicka, Ousmane Diomandé, Emmanuel Agbadou, Ghislain Konan, Kassoum Ouattara, Christ Tapé, Junior Diaz et Luck Zogbé. Le milieu rassemble Franck Kessié, Ibrahim Sangaré, Christ Inaho Oulaï, Patrick Zabi, Malick Yalcouyé, Amadou Koné et Eddy Doué. Devant, Nicolas Pépé, Bazoumana Touré, Ange-Yoan Bonny, Elye Wahi, Yann Gboho, Yan Diomandé et Rayan Fofana composent les options retenues.

Cette liste ne promet aucun automatisme instantané. Elle dessine plutôt une intention : conserver une colonne vertébrale expérimentée, tout en donnant une place à des joueurs qui peuvent élargir les solutions à moyen terme. Renard et son encadrement devront surtout créer rapidement des repères collectifs, car la fenêtre ne laisse presque aucune marge entre le rassemblement, le voyage et le premier match.

Une rivalité régionale, mais un contexte à maîtriser

Côte d’Ivoire-Ghana porte naturellement une charge particulière en Afrique de l’Ouest. Les deux nations ont longtemps croisé leurs ambitions continentales, notamment lors des finales de CAN de mille neuf cent quatre-vingt-douze et de deux mille quinze, gagnées par les Ivoiriens aux tirs au but. À Bouaké, la mémoire de ces confrontations renforcera l’attention autour de l’affiche. Elle ne doit toutefois pas masquer l’essentiel sportif : chaque équipe commence une campagne de six matches, et chacune vise l’une des deux places qualificatives du groupe.

En face, les Black Stars sont conduits par Carlos Queiroz. La Fédération ghanéenne de football indique que son groupe a commencé son stage à Accra le lundi vingt et un septembre, avant un départ pour Bouaké et une dernière séance prévue sur place. Le sélectionneur portugais a dû composer avec des incertitudes médicales et procéder à des renforts. Mohammed Kudus, annoncé au départ, s’est finalement retiré afin de poursuivre sa récupération. Ces changements ne diminuent pas la valeur de l’adversaire ; ils rappellent plutôt que les deux staffs doivent ajuster leur plan dans un délai réduit.

Pour les Éléphants, l’enjeu sera de conjuguer l’intensité d’un derby et la discipline d’un premier match de groupe. Une victoire installerait un cadre favorable, mais elle ne déciderait pas à elle seule d’une qualification qui s’étalera jusqu’au printemps. Un résultat moins favorable ne fermerait pas la porte, à condition de garder de la cohérence dès le rendez-vous suivant contre la Somalie, programmé le mardi vingt-neuf septembre.

Un calendrier qui impose de la méthode

La Confédération africaine de football a fixé les deux premières journées entre le vingt-quatre septembre et le six octobre. Après cette première double confrontation, les troisième et quatrième journées se joueront lors de la fenêtre du neuf au dix-sept novembre. Les deux dernières sont prévues du vingt-deux au trente mars. Dans les groupes sans pays hôte, les deux premiers se qualifieront pour la phase finale, organisée au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda du dix-neuf juin au dix-sept juillet deux mille vingt-sept.

La Côte d’Ivoire n’a donc aucun statut de qualifiée d’office et devra gagner sa place sur le terrain. Bouaké offre aux Éléphants un premier repère, pas une conclusion. La rigueur du regroupement, l’intégration des remplaçants et la capacité à transformer une rivalité en maîtrise collective donneront la première mesure des ambitions ivoiriennes.