PISA 2025 : en mathématiques, les élèves français poursuivent leur décrochage

La nouvelle enquête PISA de l’OCDE confirme une nouvelle baisse du niveau des élèves français de 15 ans. Avec 458 points en mathématiques, la France reste proche de la moyenne des pays développés, mais recule fortement sur le long terme et compte moins d’élèves très performants.

Publié le 8 septembre 2026, le nouveau rapport PISA a évalué plus de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays et économies. La France obtient 483 points en sciences, 456 en compréhension de l’écrit et 458 en mathématiques. Dans ces trois domaines, ses résultats restent proches de la moyenne de l’OCDE, mais cette apparente stabilité dans le classement masque une baisse préoccupante des acquis.PISA ne produit pas véritablement un classement général unique : les résultats sont établis séparément pour chaque matière et les faibles écarts entre plusieurs pays ne sont pas toujours statistiquement significatifs. Dans le décompte par pays relayé en France, les élèves français occupent néanmoins le 31e rang en mathématiques, avec 458 points contre 463 pour la moyenne de l’OCDE.

Domaine

Score de la France

Moyenne OCDE

Sciences

483

482

Mathématiques

458

463

Compréhension de l’écrit

456

461

Les mathématiques, principal signal d’alarme

Le recul est particulièrement net en mathématiques. La France avait obtenu 474 points en 2022 et environ 495 points en 2018. Elle perd donc 16 points en trois ans et près de 38 points depuis 2018. L’OCDE indique que les performances françaises de 2025 figurent parmi les plus faibles jamais mesurées par PISA dans les trois matières.La baisse ne concerne pas seulement le score moyen. En France, 64 % des élèves atteignent au moins le niveau 2 en mathématiques, considéré par PISA comme le seuil à partir duquel un adolescent peut mobiliser des connaissances simples dans une situation concrète. Autrement dit, environ 36 % des élèves français restent sous ce niveau de base. La moyenne de l’OCDE est très proche, avec 65 % d’élèves au niveau 2 ou au-dessus.

La France compte également trop peu d’excellents élèves. Seuls 5 % atteignent les niveaux 5 ou 6, contre 8 % en moyenne dans l’OCDE. En 2022, ils étaient encore 7 %. Le système français rencontre donc une double difficulté : réduire le nombre d’élèves fragiles tout en formant davantage d’élèves capables de résoudre des problèmes mathématiques complexes.Une baisse qui dépasse la seule crise sanitaire

La pandémie de Covid-19 avait largement contribué au recul observé en 2022. Mais la nouvelle diminution enregistrée en 2025 montre que le problème ne peut plus être expliqué uniquement par les fermetures d’établissements. Depuis 2015, la proportion d’élèves français situés sous le niveau 2 a augmenté de douze points en mathématiques.

Cette évolution interroge la maîtrise des fondamentaux, la continuité des apprentissages entre l’école primaire et le collège, la formation des enseignants et la capacité à accompagner rapidement les élèves en difficulté. Elle rappelle aussi que la place d’un pays dans un classement importe moins que sa trajectoire : même lorsque la moyenne de l’OCDE baisse, la France ne peut se satisfaire d’un recul continu.

Reconstruire la confiance et les bases

Les résultats de PISA ne résument pas à eux seuls la qualité d’un système éducatif. Ils évaluent la capacité d’élèves de 15 ans à utiliser leurs connaissances dans des situations concrètes, et non leur seule maîtrise du programme scolaire français. Ils constituent néanmoins un signal solide et comparable dans le temps.

Pour enrayer la baisse en mathématiques, l’enjeu sera de consolider très tôt le calcul, la compréhension des nombres et le raisonnement, sans opposer automatismes et résolution de problèmes. La France devra également mieux soutenir les élèves fragiles tout en proposant un enseignement suffisamment exigeant aux plus avancés. Le classement PISA 2025 ne décrit donc pas un effondrement isolé, mais une érosion durable qui appelle désormais des réponses pédagogiques suivies et évaluées.